Le 29 avril dernier, le mensuel chrétien français «Le Cri» a publié un dossier choc de huit pages, révélant le nom du théologien au cœur de l'enquête qui a conduit au licenciement des journalistes Anne-Sylvie Sprenger et Lucas Vuilleumier. Selon l'enquête menée par Alix Champlon, il s'agit de Daniel Marguerat, ancien professeur de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne (UNIL) et pasteur reconnu de l'Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Daniel Marguerat est présumé innocent, aucune plainte pénale n'ayant été déposée contre lui.
Des signalements qui remontent aux années 1990
D'après les informations relayées par plusieurs médias, dont la RTS (Radio-télévision suisse romande), au moins trois signalements pour violences sexuelles ou gestes inappropriés ont été émis à l'encontre de Daniel Marguerat depuis la fin des années 1990, période durant laquelle il enseignait à l'UNIL. Une partie de cette affaire avait déjà été évoquée en juillet 2024 dans le quotidien Le Temps, sans que le nom du théologien ne soit alors divulgué.
«C'est très compliqué de sortir ce nom depuis la Suisse. La presse confessionnelle protestante [suisse] est un petit milieu, très entremêlé, dans lequel on est vite mis à mal avec plusieurs instances en même temps.»
Alix Champlon, journaliste au Cri
Pourquoi le Cri a-t-il révélé l'identité du théologien ?
Dans l'émission «Forum» de la RTS, Alix Champlon explique que la rédaction du Cri a choisi de révéler le nom de Daniel Marguerat afin de «crever l'abcès» et de briser le silence qui entoure cette affaire. Elle souligne également que la notoriété du théologien dépasse les frontières helvétiques, et qu'il était plus aisé – pour des raisons juridiques – de s'exprimer sur le sujet en tant que journal français. Contacté par la RTS, Daniel Marguerat s'est dit «consterné par cette enquête», déplorant que des faits anciens soient ressortis sans qu'il puisse se défendre.
Une affaire qui interroge l'Église
Cette révélation soulève des questions profondes sur la gestion des abus au sein des institutions religieuses. La Bible nous rappelle l'importance de la justice et de la protection des plus vulnérables. Dans le livre des Proverbes, il est écrit : «Parle en faveur de ceux qui ne peuvent pas parler, défends les droits de ceux qui sont privés de tout» (Proverbes 31:8, BDS). L'Église est appelée à être un lieu de transparence et de guérison, où la vérité peut éclater sans crainte de représailles.
Le rôle des médias chrétiens dans la révélation des abus
Cette affaire met en lumière le rôle crucial des médias, y compris chrétiens, dans la dénonciation des abus. Comme le souligne Alix Champlon, la presse confessionnelle protestante suisse est un milieu restreint où il est difficile de briser l'omerta. Pourtant, la Parole de Dieu nous exhorte à exposer les œuvres des ténèbres : «Mais tout ce qui est dénoncé est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière» (Éphésiens 5:13, LSG). Les journalistes qui enquêtent sur ces sujets jouent un rôle de veilleurs, essentiel pour la santé spirituelle de l'Église.
Réflexion pour le lecteur
En tant que chrétiens, nous sommes appelés à prier pour les victimes d'abus, mais aussi à soutenir les démarches de vérité et de justice. Comment pouvons-nous, dans nos propres communautés, créer un environnement où les victimes se sentent en sécurité pour parler ? Comment pouvons-nous encourager la transparence et la responsabilité au sein de nos Églises ? Prenons un moment pour réfléchir à ces questions et agir avec amour et courage.
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