Au cœur d'Amman, un geste inattendu a marqué le mois de mai dernier. Le sénateur Michael Nazzal, président de la commission du tourisme à la chambre haute jordanienne, s'est rendu au siège du Conseil évangélique jordanien pour rencontrer ses responsables. Cette visite, rapportée le 17 mai par Christian Daily International, fait suite à un épisode où les évangéliques avaient été exclus d'une réunion parlementaire rassemblant d'autres Églises chrétiennes du pays.
Le sénateur Nazzal a voulu combler ce fossé en allant à la rencontre du général major à la retraite Imad Ma'ayah, président du Conseil, et des autres membres. Cette démarche, empreinte de respect et de volonté de dialogue, rappelle que l'unité entre chrétiens est un trésor à cultiver, même dans des contextes délicats.
Une réunion sans les évangéliques
La réunion initiale, qui s'est tenue dans les locaux du Sénat, avait pour objectif de préparer les célébrations de 2030, marquant l'anniversaire du baptême de Jésus dans le Jourdain. Y étaient conviés des responsables d'Églises catholiques et orthodoxes, mais les évangéliques en étaient absents. Selon les propos de Michael Nazzal, son cabinet avait demandé au Conseil des chefs d'Églises d'inviter les représentants évangéliques, mais cet organe ne les inclut pas. Le bureau s'oppose généralement à leur participation à des événements publics.
Cette situation, bien que regrettable, a ouvert une porte à la réconciliation. Le sénateur a choisi de tendre la main, montrant que la foi chrétienne dépasse les clivages institutionnels. Comme le dit l'apôtre Paul : « Faites tous vos efforts pour conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix » (Éphésiens 4:3, LSG).
Les évangéliques en Jordanie : une histoire riche
Lors de la rencontre, Imad Ma'ayah a retracé l'histoire des évangéliques en Jordanie, dont les origines remontent à la fin du 19e siècle. Le Conseil évangélique jordanien a été fondé en 2007 par cinq confessions principales : les baptistes, l'Église évangélique libre, les Assemblées de Dieu, les Nazaréens et l'Alliance chrétienne et missionnaire. Aujourd'hui, la fédération regroupe 57 Églises à travers le pays, ainsi que des institutions et organisations para-ecclésiastiques.
Ces communautés offrent des services éducatifs, médicaux et humanitaires aux Jordaniens et aux réfugiés, en plus d'un ministère auprès des détenus. En 2024, les évangéliques d'Israël, du Liban, de Jordanie et de Cisjordanie s'étaient déjà rencontrés à Amman, renforçant les liens régionaux.
Un contexte de diversité religieuse
La Jordanie, où l'islam est la religion d'État et les musulmans sunnites majoritaires, abrite une minorité chrétienne estimée à 2,2 % de la population. Dans ce contexte, le dialogue interreligieux et intra-chrétien est essentiel. La visite du sénateur Nazzal, lui-même chrétien, est un signe d'espoir pour une meilleure compréhension mutuelle.
La Bible nous rappelle : « Il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni libre, il n'y a ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Galates 3:28, LSG). Cette vérité transcende les frontières et les confessions.
Un appel à l'unité et au service
Cette rencontre nous invite à réfléchir sur notre propre attitude envers les autres croyants. Sommes-nous ouverts au dialogue, même lorsque nous nous sentons exclus ? Le sénateur Nazzal a montré qu'un geste de bonne volonté peut ouvrir des portes. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à rechercher la paix et à servir ensemble, comme Jésus l'a enseigné.
« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. » (Jean 13:34-35, LSG)
Que cette histoire nous encourage à prier pour nos frères et sœurs en Jordanie, et à œuvrer pour l'unité de l'Église, là où nous sommes.
Comentarios