Le dimanche 10 mai, la cathédrale Notre-Dame de Paris accueillera une célébration particulière : une messe solennelle pour marquer les 170 ans de L’Œuvre d’Orient. Présidée par le cardinal Claudio Gugerotti, cette messe sera retransmise en direct sur CNews. Cet événement est l’occasion de rendre grâce pour près de deux siècles de solidarité envers les communautés chrétiennes du Moyen-Orient, qui continuent de faire face à des défis immenses : guerres, crises économiques et exode forcé.
Depuis sa fondation en 1856, L’Œuvre d’Orient n’a cessé de témoigner de l’amour du Christ pour les plus vulnérables. Comme le rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Galates : « Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, et surtout à ceux qui sont de la famille de la foi » (Ga 6,10, BDS). Cette parole inspire l’action de l’œuvre qui, au fil des décennies, est devenue un pont entre l’Église de France et les Églises orientales.
Les origines de L’Œuvre d’Orient
L’histoire de L’Œuvre d’Orient commence le 4 avril 1856, sous le nom d’Œuvre des Écoles d’Orient. Elle naît dans le contexte du traité de Paris qui met fin à la guerre de Crimée, un moment où la France est reconnue comme protectrice des chrétiens de l’Empire ottoman. Plusieurs grandes figures catholiques et intellectuelles participent à sa création : le mathématicien Augustin Cauchy, l’historien Charles Lenormant, ainsi qu’Alfred de Falloux et Charles de Montalembert. Leur vision était de soutenir les écoles francophones et les communautés chrétiennes du Liban et du Proche-Orient.
Dès 1858, le pape Pie IX accorde à l’œuvre le statut d’œuvre d’Église, officialisant ainsi son engagement. Son premier directeur, l’abbé Charles Martial Lavigerie – futur cardinal et fondateur des Pères Blancs – marque profondément son histoire. Envoyé au Liban et en Syrie après les massacres de chrétiens de 1860, il organise l’aide aux populations et témoigne des violences subies par les communautés orientales. Au fil du temps, l’œuvre élargit son action à l’ensemble des Églises orientales, qu’elles soient catholiques ou orthodoxes.
Une mission qui s’étend au-delà des frontières
Aujourd’hui, L’Œuvre d’Orient soutient des centaines d’écoles, d’hôpitaux, de séminaires et de projets sociaux dans plusieurs pays : Liban, Syrie, Irak, Égypte, Arménie, Éthiopie, et même en Inde. Elle participe également à la préservation du patrimoine chrétien oriental et à l’aide d’urgence dans les régions touchées par les conflits. Cette action multiforme est un signe concret de la sollicitude de l’Église pour ses membres les plus éprouvés.
Les chrétiens d’Orient dans le débat public
Depuis une dizaine d’années, la question des chrétiens d’Orient a pris une place importante dans le débat public français. L’émergence d’associations comme SOS Chrétiens d’Orient, fondée en 2013 au début de la guerre en Syrie, a contribué à cette visibilité. Cette association se fait connaître par ses missions humanitaires de terrain et l’envoi de volontaires dans des zones de conflit. Les deux structures – L’Œuvre d’Orient et SOS Chrétiens d’Orient – incarnent des sensibilités différentes : la première est souvent perçue comme plus institutionnelle et proche des positions diplomatiques de l’Église catholique française, tandis que la seconde est associée à une sensibilité plus conservatrice ou identitaire. Certains résument cette différence en disant que l’une serait « plus à gauche » et l’autre « plus à droite ».
Ces nuances rappellent que l’Église est riche de diversités, mais toutes sont unies dans le même amour du Christ et le souci des plus petits. Jésus lui-même a dit : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40, BDS). Cette parole nous interpelle aujourd’hui encore.
Un appel à la prière et à la solidarité
En ce 170e anniversaire, nous sommes invités à prier pour les chrétiens d’Orient et à soutenir les œuvres qui les accompagnent. La Bible nous encourage à « porter les fardeaux les uns des autres » (Ga 6,2, LSG). La situation de nos frères et sœurs au Moyen-Orient est souvent difficile : persécutions, guerres, instabilité économique. Mais leur foi reste vivante, et ils sont un témoignage pour toute l’Église.
Que cette messe à Notre-Dame soit pour nous un moment de gratitude et de renouvellement de notre engagement. Prenons le temps de nous informer, de prier et, si possible, de contribuer aux actions de L’Œuvre d’Orient ou d’autres organisations chrétiennes qui œuvrent sur place.
Réflexion et application pratique
La Parole de Dieu nous dit : « Bénis soient ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés » (Mt 5,6, BDS). En cette période de l’année, nous pouvons méditer sur notre propre faim de justice et de paix. Comment pouvons-nous, à notre mesure, être des artisans de paix pour nos frères d’Orient ? Peut-être en priant régulièrement pour eux, en soutenant financièrement une œuvre, ou en partageant leur histoire autour de nous.
Nous vous invitons à réfléchir à ces questions : Avez-vous déjà eu l’occasion de rencontrer des chrétiens d’Orient ? Que pouvez-vous faire concrètement pour manifester votre solidarité ? Que le Seigneur vous bénisse et vous guide dans votre réponse.
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